Achats et contrats

Ce que vous devez savoir du certibiocide avant de commander

9 octobre 20266 min de lecture

Le certificat que votre prestataire met en avant appartient à une personne, pas à une société, et vous n'avez rien à passer vous-même. Reste à savoir quelle pièce demander, et pour quel technicien.

Ce que vous devez savoir du certibiocide avant de commander

Beaucoup de gérants croient que le certibiocide est un label que l'entreprise de dératisation affiche sur sa plaquette, ou pire, qu'il faut le posséder soi-même pour commander une intervention. C'est faux dans les deux cas. Le certibiocide est un certificat individuel, détenu par la personne qui manipule les produits. Vous, donneur d'ordre, n'avez pas à l'avoir : votre rôle consiste à vérifier que le technicien qui vient dans vos locaux le possède.

Ce que recouvre le certibiocide

Le certibiocide est le certificat qui permet d'utiliser, d'acheter ou de vendre les produits biocides réservés à l'usage professionnel. Rodenticides, insecticides, produits de désinfection : dès que le produit n'est pas destiné au grand public, la personne qui le manipule doit avoir suivi une formation et l'avoir validée.

Le dispositif repose sur l'arrêté du 9 octobre 2013, modifié depuis. Il s'applique depuis le 1er juillet 2015 et a été revu au 1er janvier 2024. Retenez surtout ce que cela change pour votre établissement : des rongeurs dans une réserve ou des blattes en cuisine se traitent avec ce type de produits, donc par quelqu'un de certifié.

Une confusion revient souvent avec le Certiphyto. Il concerne les produits de protection des plantes, pas ceux qui servent à lutter contre les rongeurs ou les insectes chez vous. Si on vous présente seulement ce document, vous n'avez pas la bonne pièce pour une dératisation.

Un certificat délivré à une personne

Point souvent mal compris : le certibiocide n'est jamais délivré à une société. Il n'existe ni certification ni agrément d'entreprise sous ce nom. Une entreprise peut donc compter plusieurs techniciens certifiés, un seul, ou aucun dont le certificat soit à jour.

Une plaquette qui annonce « entreprise certibiocide » mélange deux choses. Ce qui compte, c'est le nom du technicien qui entre dans votre cuisine ou dans votre entrepôt, pas l'en-tête de son employeur. Deux techniciens de la même société peuvent d'ailleurs ne pas détenir les mêmes certificats.

Chaque année, l'entreprise se déclare en ligne auprès du ministère chargé de l'environnement. Elle indique le nombre de personnes concernées et leurs numéros de certibiocide. Ces numéros existent donc déjà dans ses dossiers : vous ne lui réclamez pas un document exceptionnel.

Les trois certibiocides depuis 2024

Depuis le 1er janvier 2024, il existe trois certibiocides, chacun lié à une famille de produits. Pour lutter contre les nuisibles, un seul vous concerne vraiment, mais il faut savoir distinguer les trois :

  • nuisibles : rodenticides (TP14), insecticides et acaricides (TP18), lutte contre d'autres vertébrés (TP20), avec une formation de 21 heures, soit 3 jours ;
  • désinfectants : TP2, TP3 et TP4, avec une formation de 7 heures ;
  • autres produits : protection du bois (TP8), TP15 et TP21, avec une formation de 7 heures.

Le titulaire du certibiocide nuisibles n'a pas besoin du certibiocide autres produits. Un technicien qui dératise et désinsectise détient donc un seul certificat pour ces deux gestes. En revanche, celui qui ne présente que le certibiocide désinfectants ne couvre ni les rodenticides ni les insecticides : vérifiez l'intitulé, pas seulement la présence d'un numéro.

Certibiocide obligatoire, pour qui exactement

Oui, le certibiocide est obligatoire, mais pour une catégorie précise de personnes : celles qui utilisent, achètent ou vendent des produits biocides réservés aux professionnels. Le technicien d'une entreprise de dératisation est concerné au premier chef, tout comme la personne chargée d'acheter les produits pour l'équipe.

Vous, qui commandez la prestation, n'êtes pas dans ce cas. Le gérant d'un restaurant, le responsable d'un entrepôt ou le syndic d'un immeuble n'a aucune formation à suivre pour faire venir un professionnel. L'obligation pèse sur celui qui intervient, et c'est à lui de la remplir avant de poser le moindre produit chez vous.

Les nouveaux embauchés bénéficient d'une règle particulière : 6 mois pour obtenir le certificat, à condition de travailler accompagné d'un titulaire. Pendant cette période, un technicien certifié doit donc se trouver à leurs côtés. Si une personne se présente seule en disant qu'elle est en cours de certification, la question du titulaire qui l'accompagne mérite d'être posée.

Ce qu'il faut demander à votre prestataire

La demande tient en une phrase : le certibiocide nuisibles, en cours de validité, du technicien qui intervient réellement chez vous. Pas celui du dirigeant, ni celui du commercial qui a rédigé le devis, mais celui de la personne qui posera les produits dans vos locaux.

Ce justificatif doit permettre de relever trois éléments :

  • le nom du technicien ;
  • le numéro de son certibiocide ;
  • la date de fin de validité.

Joignez cette pièce à votre dossier de lutte contre les nuisibles, avec les autres documents de suivi. Lors d'un audit ou d'un contrôle, vous montrez ainsi que la personne habilitée est bien celle qui est passée chez vous.

Refaites cette vérification à chaque changement de technicien. Un contrat reconduit d'une année sur l'autre ne dit rien du certificat de la personne qui se présente aujourd'hui. Chaque certibiocide est valable 5 ans, puis se renouvelle dans les mêmes conditions : une date de fin proche est un point à surveiller.

Ce que le certificat ne vous dit pas

Le certibiocide atteste une formation, suivie dans un organisme habilité : 21 heures pour la version nuisibles, puis un test final de 30 questions où 20 bonnes réponses sont exigées. C'est un socle sérieux, mais ce n'est pas un jugement sur la façon dont le technicien travaille chez vous.

Il ne dit rien de la qualité du diagnostic ni du suivi. Un technicien certifié peut poser des produits sans avoir cherché d'où viennent les passages, ou sans revenir vérifier si le problème est réglé. Pour juger cela, les questions à poser avant signature vous donnent une grille de lecture plus complète que le seul certificat.

Après la visite, c'est le document remis qui remet les choses à leur place : il montre ce qui a été constaté et fait. Vous trouverez les informations à demander dans le rapport, à lire avec le certificat du technicien plutôt qu'à la place.

Trois gestes à faire dès aujourd'hui

Vous pouvez avancer sans attendre, avec ce que vous avez déjà sous la main :

  • relire votre dernier devis ou rapport pour repérer le nom du technicien qui intervient chez vous ;
  • demander son certibiocide nuisibles, avec nom, numéro et date de fin de validité ;
  • classer cette pièce dans votre dossier de lutte contre les nuisibles et noter de la revérifier à chaque changement de technicien.

Passez la main à un professionnel dès que le sujet dépasse la vérification : une infestation visible, un produit à poser, un technicien dont le certificat est absent ou expiré. Dans ces cas, faites venir une entreprise spécialisée dont le technicien présente un certibiocide nuisibles valable.